Tout commence par la peinture et le collage, au temps où cet enseignant coopérant parcourt le Vietnam ou le Venezuela. Le temps libre qui ne manque pas est utilisé pour peindre et voyager. L'art maya ou l'art aztèque, font ainsi partie des découvertes qui nourrissent son imaginaire. D'autres sources, plus continentales telles que le surréalisme, les symbo­listes ou les peintres du Quattrocento constituent l'essentiel de ses référen­ces. Autodidacte de l'image, Michel Bret découvre à son retour en France, le premier département d'infographie, celui de Paris VIII situé à Vincennes, qui a comme particularité d'avoir été créé dès 1968 par des poètes, des musiciens et des physiciens. L'informaticien y est réellement exception­nel. Alors que son bagage mathématique est certainement ce qu'il a de plus solide, Bret va vers «les machines» pour faire des images et rien d'autre. Surtout pas de la programmation. Aucun souci de vente, de diffusion, ou de réalisation d'audio-visuel ne le guide. Ces premiers essais, très primaires, sont des carrés, des ronds...des formes géométri­ques de peu de couleurs.

Naissance de l'outil
Et vient le moment où la peinture ne le satisfait plus du tout. Sa technique ne l'intéresse plus et l'écran de sa machine devient son seul châssis. Il a trouvé mieux, même si les résultats ne sont pas totalement satisfaisants. Ce qu'il découvre alors, c'est le plaisir de créer, d'écrire un logiciel pour s'en servir comme peintre. Donner à son outil les finalités esthétiques qu'il imagine. Bret est très conscient qu'il y a dans tout logiciel des présupposés artistiques qui sont câblés par leurs créateurs. Même si les fabricants s'en gardent et revendiquent haut et fort l'écriture de logiciels généralistes. Mais quand dans les manifestations spécialisées, on regarde différentes images signées de différents auteurs, on s'aperçoit bien vite avec l'habi­tude que, quelque soit le style de l'artiste, on reconnaît en amont, un certain type dé recherches mathématiques. Matières, lumières, formes. Les bases de l'image sont dans les calculs et non dans la manière de s'en servir. On imagine sans difficultés les résultats produits par des personna­lités différentes travaillant sur les mêmes toiles, avec les mêmes pinceaux et les mêmes pigments. Dans l'imagerie numérique, c'est la même chose. Et Michel Bret en s'attachant à développer son propre outil, devient de fait le premier artiste auquel l'appellation d'artiste/informaticien colle comme un gant.
Cette particularité, il va la développer en mettant patiemment au point la famille fameuse des logiciels IKO sur lesquels travaillent Paris VIII, le Centre d'Informatique et de Méthodologie en Architecture et le SPRING.