MICHEL BRET, 49 ans, mathématicien et peintre de formation, est le pionnier de l'infographie en France. Talent consacré, il vient de remporter le deuxième prix Pixel-Ina (catégorie Art) au Forum des nouvelles images à Monte-Carlo. Pas de cubes ou autres figures géométriques. Ses œuvres tranchent avec les images de synthèse habituelles.

LE SURREALISTE DES ECRANS

In Libération du mercredi 27 février 1991, page 22.




" II n'y a pas d'art sans technique. Sachant bien sûr qu'une équation n'est intéressante que si elle permet de rêver."


C'est a partir de 1980 que Michel Bret commence à réaliser des films en pseudo-3D. Cette technique s'appuie sur la mise en perspective utilisée en dessin traditionnel pour simuler la profondeur des objets. Mais la fabri­cation des images demande toujours beaucoup de travail de préparation. « A l'époque, nous programmions en "Assembleur", c 'est-à-dire à l'aide d'un langage propre à la machine. Il deve­nait nécessaire de disposer d'un logiciel plus approprié à la création d'images, plus direct, plus accessible et facile à utiliser, mais conservant aussi toute sa puissance de programmation. »
La gestation dure quatre ans. En 1984, Michel Bret accouche d'Anyflo, un bébé qui ne s'exprime qu'en C, langage actuellement le plus reconnu, et le plus utilisé dans l'univers informatique. C'est avec Anyflo et ses versions successivement enrichies qu'il crée les films en 3D que nous lui connaissons aujourd'hui, Automappe, Saute ou Tacauto.
Aujourd'hui, Michel Bret est consci­ent de l'évolution extraordinaire des outils mis à la disposition des infographistes. Les machines ont fait un bond considérable en puissance et les logiciels d'images de synthèse 3D du mar­ché (comme Alias, Explore de TDI ou Wavefront) sont de plus en plus performants en réalisme et pour l'anima­tion, et faciles à utiliser pour des non-informaticiens. Mais ces logiciels res­tent fermés. Leurs possibilités s'arrêtent à l'imagination de leurs concepteurs, si grande soit-elle. Any­flo — aujourd'hui adopté dans plu­sieurs écoles et universités— est bâtîl de telle manière qu'on peut lui rajouter ici indéfiniment des lignes de programme. A chacun de ses films. Michel Bret trouve des nouveaux trucs, par exemple pour créer des reflets insolites, articuler ses personnages comme des marionnettes, ou faire réagir une roue au contact d'un sol irrégulier, etc. L'outil se forge en quel­que sorte en même temps que l'image.
Aujourd'hui, Michel Bret est consci­ent de l'évolution extraordinaire des, outils mis à la disposition des infographistes. Les machines ont fait un bon considérable en puissance et des logiciels d'images de synthèse 3D du mar­ché (comme Alias, Explore de TDI ou Wavefront) sont de plus en plus performants en réalisme et pour l'anima­tion, et faciles à utiliser pour des non-informaticiens. Mais ces logiciels res­tent fermés. Leurs possibilités: s'arrêtent à l'imagination de leurs; concepteurs, si grande soiî-elie. Any­flo — aujourd'hui adopté dans plu­sieurs écoles et universités— est bâtîl de telle manière qu'on peut lui rajou-i ici indéfiniment des lignes de pro-j gramme. A chacun de ses films. Mi-j chel Brei trouve des nouveaux trucs.i par exempie pour créer des reflets j insolites, articuler ses personnages comme des marionnettes, ou faire réagir une roue au contact d'un sol^ irrégulier, etc. L'outil se forge en quel­que sorte en même temps que l'image.