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Retrouvez CAHIN CAHA sur notre CD ROM |
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L'image d'ouverture est sublime. Un noir et blanc de Faus-f to Coppi datant des années 50. îcontracte entre cette image archaïque en soi et l'image 3e synthèse m'a paru intéressant souligne Michel Bret avant de poursuivre Je me place d'un triple point de vue, je suis chercheur, enseignant et artiste. » L'auteur de Cahin Caha allie ces trois axes pour développer des logiciels de son cru dans ce qu'il considère un peu comme une nouvelle pratique artistique. «Du point de vue de la recherche, j'étudie la théorie. Du point de vue de l'enseignement (Université de Paris ^J\\\), j'aides contacts avec les jeunes créateur. Du point de vue artistique, je fais des films.» Cet emploi du temps, filant vers trois axes apparemment très éloignée s'avère une merveille d'imbrication. De ses recherches, il fait des programmes et avec ces programmes il confectionne des films. «Mais à mesure que je fais le film, je modifie le programme, c'est donc un processus complètement interactif». Un incessant va-et- vient entre la théorie et la pratique. Cahin-Caha est le fruit de ces recherches. « J'ai envie défaire des images. Les gens me font souvent remarquer que dans mes films, il n'y a pas de scénario... Or si je faisais de la peinture, vous ne me demanderiez pas quel est le scénario. Il n'y a pas d'histoires à raconter, ce n 'est pas une BD » deplore-t-il.
Un logiciel pour les artistes
Une Indy de chez Silicon Graphics a œuvré à la création de Cahin-Caha, sous le contrôle du logiciel-maison baptisé Anyflo. « Ce n'est pas véritablement un logiciel, c'est plutôt un langage. Initialement, je l'avais fait pour des artistes qui, arrêtés par la difficulté de programmer, se privaient du même coup des potentialités de la machine. Mon idée était de leur donner la posibilité de programmer en ayant le moins d'ennui pos-
sible. Anyflo est donc un langage très général, orienté objet, qui permet d'exprimer assez librement ce que l'on veut (à condition de savoir programmer un minimum). Pour vous donner un exemple, dans la plupart des logiciels de synthèse, la perspective qui est proposée est conique et puis rien d'autre. Et bien, quand on voit l'histoire de la peinture, ce type de perspective occupe une place infime. Pourquoi, alors, se limiter à ce qui n 'est une technique parmi d'autres ? Avec Anyflo on peut très bien tordre la perspective et en faire ce que l'on veut. Rien n'est préétabli, on peut tout écrire. Mais si on ne veut rien programmer, on a des choix par défaut (comme la perspective conique,).
Rares sont les innovations
Quand il parle de la production d'Imagina, Michel Bret ne peut s'empêcher d'être déçu : «A Imagina, il y a d'excellentes choses d'un point de vue technique et d'un point de vue invention. Mais je suis souvent choqué par le côté conventionnel, voire archaïque, de ces productions. Prenons l'animation, c 'est vraiment traditionnel : des interpolations, un peu de dynamique, ce n 'est pas très nouveau, c 'est ce qu 'on fait depuis vingt ans. Je n'ai jamais vu d'animation comportementale utilisant les réseaux neuronaux ou les algorythmes génétiques.»
Cahin-Caha explore justement ces nouvelles pistes de création. Le personnage animé du film n'est pas dirigé à chaque seconde. «L'idée c'est de définir des personnages dits «intelligents». J'ai seulemnt appris à mon personnage à faire du vélo. Ensuite je l'ai mis sur une surface qui ondule, à savoir une espèce de mer, puis il s'est débrouillé, il a trouvé son équilibre. Après cette phase d'apprentissages, j'ai habillé l'ensemble avec des effets plus plastiques. Michel Bret possède réelement sa propre sensibilité d'artiste bien à lui. Avec lui tout a l'air soudain si évident.