Expo. Une Installation poétique dont la sobriété raffinée tracnheavec les étalages techno.
A coup de souffle
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La Plume et le Pissenlit n'est pas une fable pour enfants. Edmond et Michel, les auteurs de cette installation multimédia, ne sont pas non plus des conteurs, malgré leur tête de «papys» de Fart cyber, une barbe poivre et sel pour Michel Bret, des souvenirs cinétiques (1) pour Edmond Couchot: «En 1965, Vinteractivité, on appelait ça participation du spectateur.» Pourtant, la Plume et le Pissenlit utilise les mêmes règles de poésie et de simplicité qu'un conte de Grimm. Mais renouvelle le rapport de l'utilisateur d'un ordinateur avec son écran en invitant celui-ci à souffler sur une image pour la modifier... A l'Espace Landowski de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), un centre culturel hybride dont l'inauguration a eu lieu hier, la première exposition temporaire - est-ce vraiment un signe de modernité? - est consacrée à l'art virtuel. Dans un espace où le visiteur déambule autour d'une rotonde, l'installation d'Edmond Couchot et de Michel Bret est placée en fin de parcours. La dernière mais sans doute la plus intéressante, elle est aussi la plus sobre et technologiquement dépouillée. Un parti pris des deux compères, qui œuvrent dans le même département «images de synthèse» de l'université Paris-VIII: «Nous sommes contre les éta- |
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l'armée. Coûteux et compliqué, le projet capote. En 1988, une première version, qui utilise des capteurs de pression (pour vérifier la pression atmosphérique dans les avions, notamment), est exposée dans un salon d'images de synthèse.
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«La Plume et le Pi&&enlit», de Michel Bret et Zdmond Couchot |
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lages techno, c'est déjà assez compliqué comme ça, inutile d'en rajouter: les œuvres doivent être évidentes, au contraire de cette mythification technologique, où l'art trouve sa justification par la complexité.» Un écran d'ordinateur, un minimicro, le dessin, en blanc sur fond noir, d'un pissenlit ou d'une plume. Et c'est tout. Le visiteur n'a plus qu'à approcher sa bouche du micro, à souffler plus ou moins fort, pour faire s'envoler les fleurs du pissenlit ou soulever la plume, qui retombe ensuite selon l'intensité de l'expi- |
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ration. Comme dans la vraie vie. «C'est une image toute simple, mais technologiquement très complexe»^ explique Edmond Couchot. L'idée, poursuit-il, était «de trouver une forme d'interactivité qui ne soit pas mécanique». Le souffle s'est imposé, qui «implique le corps de manière discrète mais très profonde». De longues années ont toutefois été nécessaires pour parvenir au dépouillement poétique de la Plume et le Pissenlit. En 1982, les deux artistes commencent à travailler avec des simulateurs de vol pour |
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«Ie* œuvre* doivent être évidentes, au contraire de cette mythitication technologique, où l'art trouve Aa justification parla complexité.» Bret et Couchot |
Depuis, Michel Bret, mathématicien, peintre et professeur d'informatique, n'a cessé de peaufiner le logiciel d'images de synthèse, Anyflo, à la base de l'œuvre. Le capteur est devenu sonore (c'est moins cher), et l'image s'est améliorée, simulant de plus en plus parfaitement la chute scientifique des corps. Et le modèle peut encore évoluer, avec les recherches sur la vie artificielle entreprises par Michel Bret. «Comme on apprend aux enfants la grammaire et la syntaxe, je propose aux artistes un langage qui leur permette de combiner et concevoir des images de synthèse. » Et, pourquoi pas, de mettre les pieds dans le plat techno, en posant la question du rapport entre le vivant et l'artificiel •
ANNICK RIVOIRE
( 1 ) Dans l'art, le cinëtisme est un courant qui travaille sur le caractère changeant d'une œuvre par effet optique (mouvement réel ou virtuel).
Art virtuel, créations interactives et multisensorielles
Ju&qu 'cm 3 / janvier \ 999, C&pace Landowàki, 28, av. André-Morizet, Boulogne, métro Marcel-Sambat
In Libération, numéro 5463, vendredi 11 décembre 1998, pp32