Présentation :
« Michel Bret et Marie-Hélène Tramus
travaillent actuellement sur un dispositif utilisant les réseaux neuronaux pour
animer une funambule virtuelle. Le dispositif propose au spectateur de devenir,
pour quelques instants, lui aussi, et sans grand risque, un funambule.
L’image de la funambule, projetée sur un écran de 2 mètres de haut, fait
face au spectateur qui est invité à avancer ou reculer sur une ligne blanche
tracée au sol, en tenant un balancier équipé d’un capteur de mouvement dans les
mains. Ce capteur transmet à l’ordinateur des informations de position et
d’orientation interprétées en temps réel comme des forces agissant sur l’acteur
dynamique de synthèse contrôlé par des réseaux neuronaux.
La funambule n’est pas une copie du spectateur mais
un être artificiel sensible aux mouvements de ce
dernier. Si le spectateur cherche à déséquilibrer la funambule, celle-ci tente
de retrouver son équilibre en développant, en temps réel, des stratégies
autonomes qui sont le résultat d’un apprentissage préalable.
En clair, elle
apprend elle-même à se rééquilibrer sans que l’on sache exactement comment elle
s’y est prise. Le face à face entre les deux « acteurs » s’élabore
alors autour d’un jeu d’équilibre-déséquilibre. Plus qu’une simple boucle
rétroactive, ce système constitue un être artificiel, certes très élémentaire,
mais qui montre certaines propriétés du vivant.
Par exemple la notion de généralisation , propre aux réseaux neuronaux, lui confère une richesse potentiellement illimitée de réactions non apprises et cependant adaptées. Son intelligence apparaît comme une propriété émergente des interactions entre ses éléments (des neurones artificiels), les informations qu’il capte de son environnement, et sa structure (simulation d’un corps humain muni de certains comportements). [...]
De l’interaction entre [le spectateur] et l’être artificiel doué d’une certaine autonomie et d’une certaine capacité d’invention gestuelle, émerge une situation artistique inédite proche d’une situation réelle et imprévisible, suscitant l’improvisation, l’invention, l’imagination, la surprise. »
Extrait de Marie-Hélène Tramus, Michel
Bret, Edmond Couchot, La seconde interactivité.
Vers de nouvelles pratiques
artistiques, inédit en français
Diffusion au
Festival 1er Contact 2002